Le marketing des aliments ultra-transformés suit les mêmes stratégies que celui du tabac 14/07/2026 Béatrice de Reynal 113 visites Un travail de chercheurs pour montrer l’évidence : après le crash médiatique du tabac et de la santé, les grands groupes ont investi le domaine alimentaire et y ont appliqué leurs bonnes méthodes. Suivez le guide ! Contexte : Deux études américaines récentes (Tera Fazzino, Univ. du Kansas, American Journal of Public Health ; Laura Schmidt, UCSF) établissent un lien direct entre l’industrie du tabac et le développement des aliments ultra-transformés (UPF). Constat historique : Les grandes compagnies de tabac américaines ont investi massivement dans l’industrie alimentaire dans les années 1980, dominant le marché US jusqu’au milieu des années 2000. Elles y ont transposé leurs méthodes de R&D, de tests consommateurs et de conception produit. Stratégies transposées du tabac à l’alimentaire : Formats « king size » → grands conditionnements alimentaires, pour augmenter les occasions de consommation. Et vous l’avez vécu : quand le paquet est gros, on en mange bien davantage. Versions « light »/faible teneur → produits allégés en matières grasses, présentés comme plus sains, pour fidéliser des consommateurs soucieux de leur santé. Là encore, puisque c’est « light, on en mange 2 au lieu d’un ! Ciblage des enfants → personnages de dessins animés, éléments ludiques, tests consommateurs menés directement auprès d’enfants. On les amuse, on les embrouille, ils réclament… Ingénierie sensorielle → additifs synthétiques, arômes et colorants conçus via des sciences du goût héritées du tabac, pour maximiser l’appétence à moindre coût, pour divertir avec des saveurs inouïes, inédites, originales… Objectif commercial : Un modèle pensé pour encourager la surconsommation à l’échelle de la population, priorisant les profits et l’efficacité industrielle plutôt que la santé publique. Conséquences sanitaires évoquées : Prise de poids, diabète, maladies cardiovasculaires et certains cancers, selon des centaines d’études observationnelles et essais cliniques cités par Schmidt. Controverse : Rocco Renaldi (Alliance internationale des industries agroalimentaires) juge la comparaison « trompeuse et contre-productive », rappelant que le tabac n’a pas de seuil de consommation sans risque, contrairement à certains UPF qui jouent un rôle nutritionnel, sécuritaire et d’accessibilité. Le débat scientifique reste ouvert sur l’origine des effets délétères des UPF (ingrédients vs procédés de transformation). Perspectives : Les chercheuses appellent à un changement systémique — soutien aux petites exploitations, priorité aux aliments frais et entiers, régulation renforcée des UPF — plutôt qu’à de simples reformulations, jugées insuffisantes pour inverser les tendances actuelles d’obésité. Point historique clé : Les compagnies de tabac ont cédé leurs filiales agroalimentaires entre 2001 et 2007, mais leur savoir-faire (formulation, marketing, R&D) a depuis diffusé largement dans le secteur agroalimentaire mondial. Conclusions : maintenant présumés soupçonnables, les mises en examen devraient s’en suivre. Aux armes économiques, citoyens. Boycottons Share Post Share