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Le cadmium dans notre alimentation révélé par l’Anses

Le cadmium est un métal toxique qui s’accumule dans l’organisme au fil des années. Il attaque les reins, fragilise les os, et est classé comme cancérogène. Une fois absorbé, il ne s’élimine plus.

Un problème qui s’aggrave

Les données françaises sont préoccupantes. La moitié des adultes dépasse déjà le seuil de concentration considéré comme critique — un niveau plus élevé qu’en Allemagne, aux États-Unis ou au Canada. Chez les enfants, entre 23 et 27 % d’entre eux ingèrent chaque jour plus de cadmium que ce qui est tolérable pour la santé. Chez les bébés de 2-3 ans, la quasi-totalité (100 %) dépasse ce plafond.

D’où vient-il ?

Pour les non-fumeurs, la réponse est quasi exclusive : l’alimentation représente 98 % de l’exposition. Les aliments les plus en cause sont le pain, les biscottes, les pommes de terre — des aliments du quotidien, consommés en grandes quantités.

À la source du problème : les engrais phosphatés utilisés dans les champs. Ils apportent du cadmium dans les sols agricoles, qui passe ensuite dans les plantes, puis dans nos assiettes. Ces engrais représentent 55 % des apports de cadmium dans les terres agricoles françaises.

Ce que recommande l’Anses

La principale mesure préconisée porte sur les engrais : abaisser à 20 mg de cadmium par kilo la teneur maximale autorisée dans les engrais phosphatés. Aujourd’hui, la réglementation européenne autorise jusqu’à 60 mg, et la France tolère même 90 mg. Cela implique de sélectionner des roches phosphatées moins contaminées, ou de traiter les engrais pour en retirer le cadmium.

L’Anses recommande aussi de mesurer systématiquement les niveaux de cadmium dans les sols agricoles avant tout épandage, comme c’est déjà obligatoire pour les boues de stations d’épuration.

 

Une controverse ouverte

Suite à la publication de ce rapport (mars 2026), un débat a émergé sur l’agriculture biologique, mentionnée dans le rapport comme présentant un risque de contamination comparable au conventionnel. Plusieurs études scientifiques contestent cette conclusion. Des recherches complémentaires sont attendues, et la création d’une commission d’enquête parlementaire est à l’étude.

En résumé : le cadmium est un contaminant discret mais persistant, qui entre dans nos corps essentiellement par ce que nous mangeons, et dont les niveaux d’exposition sont trop élevés en France. La solution passe principalement par une réduction d’utilisation des engrais.

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