Le 5e PNNS est né 21/04/2026 Béatrice de Reynal 64 visites Le gouvernement a rendu public, le 8 avril 2026, le cinquième programme national nutrition santé (PNNS). Ce document, attendu depuis plusieurs mois, organise les politiques publiques en matière d’alimentation et de santé jusqu’en 2030. Il constitue un acte institutionnel dont les industriels de grande consommation ne peuvent se désintéresser. Un programme qui change de registre, partiellement Le PNNS 4, clos en 2023, avait été sévèrement jugé par l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) pour s’être concentré sur les comportements des individus plutôt que sur l’environnement alimentaire dans lequel ceux-ci évoluent. Le PNNS 5 répond, au moins partiellement, à ce reproche structurel : il intègre des mesures visant à agir directement sur l’offre — composition des produits destinés aux enfants, assortiments dans les distributeurs automatiques, implantation des confiseries en linéaire aux caisses de supermarché. Ce glissement d’une logique d’éducation du consommateur vers une logique d’environnement alimentaire est en soi significatif. Il traduit une évolution de la doctrine de santé publique, cohérente avec les recommandations formulées par le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) lors de la préparation de ce programme. Les mesures restent surtout incitatives. Le mécanisme central demeure la charte d’engagements volontaires, passée avec les industriels et les distributeurs. Une exception notable vient confirmer que le réglementaire est aussi présent : un arrêté devra encadrer la composition des repas dans les établissements de petite enfance — crèches notamment. L’alimentation des tout-petits constitue un terrain sur lequel la légitimité de la puissance publique à fixer des normes est généralement admise, y compris par les opérateurs économiques. Les questions que le texte laisse ouvertes Deux enjeux structurants méritent une attention particulière. Le premier concerne le Nutri-score. Le PNNS 5 appelle à en élargir le recours, sans le rendre obligatoire. Cette position d’équilibre est cohérente avec le contexte européen : la promotion du Nutri-score à l’échelle communautaire se heurte à des résistances persistantes, notamment de la part de plusieurs États membres. Elle est cependant immédiatement mise sous pression par une proposition de loi transpartisane déposée le jour même à l’Assemblée nationale, soutenue par huit groupes politiques sur onze, qui vise à rendre l’affichage obligatoire — y compris sur les supports publicitaires — et prévoit une taxe de 2 % du chiffre d’affaires français pour les entreprises qui refuseraient de s’y conformer. Une tentative similaire avait déjà été intégrée au budget de la Sécurité sociale en décembre 2025, avant d’être rejetée à trois voix près, le gouvernement la jugeant contraire aux normes européennes. La question n’est donc pas close. Pour les industriels français qui ont adopté le Nutri-score — et ils sont nombreux parmi les adhérents de l’Ilec —, l’ambiguïté des signaux publics n’est pas sans conséquences sur leur stratégie. Un élargissement fondé sur l’engagement volontaire des entreprises est préférable à une injonction imposée dans un cadre européen non harmonisé ; encore faut-il que cet engagement soit valorisé comme tel. Le second enjeu est celui des aliments ultra-transformés (AUT). La Snanc avait prudemment évité de les soumettre à des mesures directes, préférant mandater l’Anses pour poursuivre les travaux de définition et d’évaluation. L’absence de définition opérationnelle stable des AUT continue de faire obstacle à tout dialogue sérieux sur les conditions d’une reformulation ciblée. SOURCE : ILEC – La Voix des marques. Share Post Share