L’angle mort du débat climatique, c’est la production des aliments 02/09/2026 Béatrice de Reynal 82 visites On s’étonne du manque de débat sérieux sur l’inadaptation des systèmes agricoles face au changement climatique, contrairement aux incendies, aux infrastructures ou aux canicules urbaines. Dans le domaine alimentaire, on parle surtout d’atténuation (réduire les émissions), rarement d’adaptation avec la même urgence. Des impacts déjà visibles Les vagues de chaleur, sécheresses et inondations affectent déjà les cultures et les zones de production. Sans eau, comment les plantations pourraient survivre ? Le choix de plantes gourmandes d’eau n’est plus adapté ! Ce n’est plus une catastrophe : on vous a prévenus déjà plusieurs fois. Il est vain de vouloir produire tomate ou concombre en été ! illustration Michel de GENTILE L’élevage est particulièrement touché : des millions de volailles mortes lors de canicules en France, baisse de la production laitière en Europe, éleveurs suisses contraints de faire livrer de l’eau par hélicoptère. Il n’existe pas de solution simple : les bâtiments protègent des extrêmes mais créent un risque en cas de panne, tandis que l’élevage extensif expose davantage à la chaleur. Trois catégories de solutions Améliorations simples (ventilation, gestion de l’eau, couvert d’arbres, haies) Solutions technologiques (races résistantes, IA, alternatives protéiques) Changements structurels (nouvelles cultures, réduction de la consommation animale) Le problème n’est pas le manque de solutions, mais la préférence pour celles qui ne bousculent pas du tout le système existant. Un risque : l’adaptation comme prétexte Attention : à mesure que les objectifs climatiques deviennent difficiles, l’adaptation pourrait servir d’excuse pour reporter les efforts de réduction des émissions. Le système alimentaire, victime et responsable Selon la FAO, les systèmes agroalimentaires ont généré 32 % des émissions mondiales en 2023, l’élevage étant le principal contributeur. Ce secteur doit donc assumer sa double responsabilité : victime du changement climatique, mais aussi acteur majeur de ses causes. Conclusion qui résume l’enjeu : l’atténuation sans adaptation fragilise le système, l’adaptation sans atténuation ne fait que retarder l’échéance. Share Post Share