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La désinformation nutritionnelle devient infodémie !!

Oui : tout est marketing dans la communication entre humains

La façon dont on demande à un enfant de manger sa soupe :

Tais-toi et mange !

As-tu goûté cette délicieuse soupe ? C’est la préférée de ta maman !

Si tu finis ton assiette, tu auras un bonbon !

Le premier qui a fini aura droit à …

Perçois-tu la saveur douce de la patate douce ?

Le ton, les mots, la structure de la réponse et sa philosophie même !

Pour la santé publique, c’est pareil. Aux injonctions, aux ordres, aux menaces, on peut préférer les mots doux des responsables marketing !

merci à K. Patel pour l’illustration

Des chercheurs ont travaillé sur la question

La désinformation en nutrition et santé alimentaire constitue une menace de santé publique documentée. On parle d’intoxications par compléments alimentaires, pratiques dangereuses de «nettoyage» d’aliments, abandon de traitements oncologiques curatifs au profit d’approches diététiques non validées, cas cliniques récents de dépôts métalliques coliques ou de décès liés au jeûne hydrique.

Les outils existants reposent majoritairement sur une classification binaire (vrai/faux), insuffisante pour hiérarchiser les interventions face à des contenus trompeurs sans être manifestement faux. Cette étude visait à développer et valider un instrument gradué d’évaluation du risque de désinformation en nutrition, le Diet-MisRAT.

Cadre conceptuel

 Les auteurs ont élaboré un modèle original, le MisRAM (Misinformation Risk Assessment Model), transposant à l’analyse de contenu la logique d’évaluation des risques environnementaux de l’OMS : les caractéristiques trompeuses du contenu sont traitées comme des « agents de risque » stratifiables, dont la gravité et la probabilité d’induire en erreur sont pondérées en fonction de la vulnérabilité du destinataire (jugement perceptif, internalisation, réponse comportementale).

Développement de l’outil

 À partir de ce modèle en cinq étapes (formulation du problème, identification des facteurs de risque, classification en quatre dimensions — inexactitude, incomplétude, caractère trompeur, préjudice pour la santé —, pondération stratifiée, estimation finale du risque), le Diet-MisRAT a été conçu pour produire un score de risque à cinq niveaux (très faible à très élevé) applicable à des contenus grand public de longueur moyenne à longue.

Validation (cinq cycles)

L’instrument a été testé successivement par : (1) un panel d’experts ayant établi les réponses de référence ; (2) des diététiciens en formation (r médian = 0,86) ; (3) des étudiants de master en nutrition (r médian = 0,83) ; (4) des professionnels très expérimentés (r médian = 0,92 ; α de Cronbach = 0,73) ; (5) deux modèles ChatGPT (4o et o3) en conditions zero-shot, sans exemples ni entraînement préalable (r médian = 0,98). L’ensemble des corrélations était statistiquement significatif (p < 0,012 à p < 0,00001 selon les tours). ChatGPT-4o a affiché les meilleures performances globales (exactitude 93,9 %, score F1 95,5 %), surpassant légèrement o3, et une vitesse d’exécution environ 90 fois supérieure à celle des experts humains.

Conclusion

Le Diet-MisRAT constitue, selon les auteurs, le premier instrument structuré transposant les principes d’évaluation des risques toxicologiques/environnementaux de l’OMS à l’analyse de la désinformation en santé. Il offre une alternative graduée à la détection binaire. Sa forte reproductibilité inter-évaluateurs et son applicabilité par des modèles de langage non entraînés spécifiquement suggèrent un potentiel d’utilisation à grande échelle pour la modération de contenu, l’éducation, la réglementation et l’atténuation des infodémies. Les limites relevées incluent la taille restreinte et la spécificité géographique/linguistique des échantillons, mais aussi, l’absence de mesures psychométriques classiques. En effet, l’outil est formatif et non réflexif. Il souffre aussi de l’absence d’évaluation des effets comportementaux en aval de son utilisation.

Développement et validation d’un outil de détection des risques de désinformation dans les contenus relatifs à l’alimentation, à la nutrition et à la santé (Diet-MisRAT) Alex Ruani , Michael J Reiss & Anastasia Z Kalea – Rapports scientifiques volume 16 , Numéro d’article :  9207 ( 2026 ) Citer cet article Publié :27 mars 2026

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