Les meilleures sources de protéines 14/09/2026 Béatrice de Reynal 142 visites Facile d’évoquer les insectes, même si du vivant du Christ, les insectes étaient une base essentielle à une alimentation suffisamment nutritive. En effet, pupe ou chenille, abdomens ou vers sont tous de précieux concentrés nutritionnels. Oui, c’est rigolo d’évoquer lors d’un dîner en ville que vous avez dégusté scorpion ou blatte… mais vous ne risquez pas de rouler une pelle à votre voisin. Beurk ! Remplacer la viande rouge est une urgence car les humains en consomment trop. Mais veillez à la remplacer par un aliment attirant, appétissant et désirable. Remplacer la viande : quelle alternative privilégier ? La liquidation judiciaire d’Ynsect fin 2025 (600 millions d’euros investis, dont 148 millions de fonds publics) illustre les risques d’un mauvais choix stratégique en matière de protéines alternatives. Face à l’urgence — l’élevage occupe 77 % des terres agricoles pour seulement 18 % des calories produites et génère plus de la moitié des émissions liées à l’alimentation — une étude publiée dans NPJ Science of Food compare pour la première fois quatre filières selon quatre critères : impact environnemental, capacité de production, acceptabilité et bien-être animal. Les substituts aux viandes comme le soja, pois, blé… affichent un impact réduit d’environ 50 % par rapport à la viande conventionnelle, avec jusqu’à 10 fois moins d’émissions et 30 fois moins de terres utilisées face au bœuf. Les protéines unicellulaires (mycoprotéines, power-to-food) présentent une empreinte au sol minimale et un bon bilan carbone, sous réserve d’une électricité décarbonée. La viande cultivée, très énergivore (5,5 fois plus que la viande conventionnelle), ne devient avantageuse qu’avec un mix énergétique propre. Les insectes, enfin, affichent des bénéfices plus incertains qu’annoncé, notamment à cause du chauffage nécessaire sous climat tempéré et du fait que 93 % des produits à base d’insectes ne remplacent pas de la viande. Passage à l’échelle Les solutions alternatives aux viandes dominent, portées par un marché de 6,4 milliards de US$ et des infrastructures agroalimentaires existantes ; leur surcoût (82 % en moyenne) diminue progressivement. Les protéines unicellulaires occupent une position intermédiaire, viables mais encore chères. La viande cultivée se heurte à des coûts de production très élevés (environ 14 US$/kg pour un produit hybride) et à des besoins en bioréacteurs disproportionnés. Acceptabilité Les substituts végétaux aux viandes recueillent le plus large soutien (60 % des consommateurs prêts à les essayer selon une enquête britannique), suivies des protéines unicellulaires. La viande cultivée se heurte à un rejet lié au sentiment de « non-naturel », avec de fortes disparités géographiques et générationnelles. Les insectes suscitent la résistance la plus marquée (moins de 30 % d’acceptation en Occident), bien que ce rejet relève davantage de barrières psychologiques que gustatives. Le Bien-être animal : grand gagnant Viandes végétales et protéines unicellulaires n’impliquent aucun animal. La viande cultivée n’en nécessite qu’un nombre marginal, la filière cherchant à s’affranchir du sérum fœtal bovin. Les insectes posent une question éthique spécifique : environ 9 000 vers de farine sont nécessaires par kilogramme de protéines, dans un contexte où leur sentience reste incertaine. Conclusion Une hiérarchie se dégage. Mais les produits ne sont pas toujours enthousiasmants, car pas souvent bons et jamais délicieux, à part les protéines unicellulaires – levures, car elles sont dotées du goût Umami. Mais attention : ceux qui ont investi lourdement dans ces nouvelles industries font une propagande de fou annonçant que c’est délicieux, rentable, sain, sûr, safe… or, Beyond Meat, Oatly, et tant d’autres sont des échecs économiques… Testez, goûtez et faites vous votre propre opinion ! MERCI à SLATE Share Post Share