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En nutrition pédiatrique, parlons du SUCRE

La préférence des bébés d’homme pour le goût sucré est innée. Les nutritionnistes ont toujours considéré que cette préférence était génétique précisément car le lait maternel est gras et sucré, et le sucre très rapidement assimilé et utilisable. Ainsi, le nouveau-né qui n’a pas de réserve énergétique peut, en hurlant comme seul lui sait le faire, peut restaurer rapidement son besoin énergétique vital.

Plus tard, il aura aussi de l’appétit pour des aliments plus variés que le lait maternel. Alors, comment expliquer que cette préférence pour le sucré persiste et ce, même à l’âge adulte ?

C’est encore un mystère.

Mais les scientifiques ont déjà mis en évidence le lien positif sur l’humeur après une consommation de sucre ou de produit sucré. Le tryptophane, un acide aminé essentiel, voit son taux augmenter, et sa présence au niveau cérébral induit la production de sérotonine, une endorphine naturel (endorphine : une molécule similaire à la morphine, qui vous apaise sans vous droguer)

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Ainsi, certains d’entre nous apprécient « la petite note sucrée », que ce soit en fin de repas ou après le film, qui les satisfait et les apaise.

  • Dans une étude récente publiée dans Science, des chercheurs ont observé que chez les souris, la consommation de sucre après un repas active des neurones POMC dans l’hypothalamus, qui libèrent une substance appelée bêta-endorphine, un opioïde naturel. Ce mécanisme a également été observé chez l’humain via IRM. Peut-on dire que ce circuit de récompense explique pourquoi nous avons « toujours de la place pour un dessert » ?

D’abord, tout le monde n’est pas fana de sucré. On observe certains adultes au « bec salé » qui ne sont pas plus stressés que les autres. Ce n’est donc pas une généralité. Par ailleurs, l’éducation alimentaire a ici une grande place. La plupart des gens ne se ressert jamais et en tous les cas, jamais deux fois, mangent avec une certaine tenue ou retenue, et ne sur-mangent pas en fin de repas. Alors oui, au restaurant, on peut se laisser tenter par un dessert gourmand et inhabituel. C’est de la gourmandise. Mais ce n’est pas fréquent.

  • Selon le Dr Paule Joseph, “ce n’est pas juste le sucre que nous consommons, c’est un système qui associe le goût sucré au plaisir”. D’autres études évoquent même un effet à long terme du sucre sur le cerveau proche de celui des drogues. Est-il scientifiquement juste de parler d’addiction au sucre ? Certainement pas. Il a bien été confirmé que le sucre n’est pas addictif et ne fait pas partie des substances pour lesquelles on peut avoir un lien de soumission. Il s’agit bien de gourmandise et de « relâchement » des règles sociales. Ces débordements soulignent le caractère de « laisser-aller » qu’ont certains sujets qui ont du mal à garder un poids de forme. Si c’est votre cas, alors éloignez-vous de la tentation car votre santé peut être mise en danger.
  • L’étude souligne que les effets sur le long terme, notamment en cas d’exposition chronique au sucre, restent à explorer. Quelles pourraient être les conséquences neurobiologiques ou métaboliques d’une consommation régulière de sucre ? Et cela justifie-t-il une approche de régulation plus stricte ?

Le premier problème qu’on peut avoir avec le sucre est la carie dentaire.

Mais surtout, la consommation de boissons sucrées : elles se boivent sans rassasiement, donc potentiellement, sans limite autre que votre œil ou votre raison qui vous diront : stop. Ce qui est difficile pour des sujets jeunes ou occupés par l’animation d’un groupe social, et qui perdent les repères. Cette consommation excessive a déclenché la taxe sur les boissons sucrées : elle vient d’être multipliée par 2 car la consommation de ces boissons est directement liée à la survenue de pathologie vraiment dangereuses ou invalidantes comme le diabète, le surpoids et l’obésité.

Alors faites-vous plaisir, oui, mais toujours avec d’autres, en partage, et restez raisonnables au dessert.

Pour les becs sucrés comme je le suis moi-même, n’oubliez pas que dans un brownie, vous aurez plus de risque avec le gras, souvent saturé, qu’avec le sucre. Un dessert comme cookie ou brownie sont les plus gras et calorique de l’étal… le danger n’est pas celui que vous croyez !

Ne cassez pas trop de sucre sur le dos du sucre !!

Béatrice de REYNAL

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