Un dîner spécial pour bébé ? 18/06/2026 Béatrice de Reynal 48 visites Le petit plat pour le bébé “dès12 mois” proposé par l’industrie est-il devenu le symbole de la prise de pouvoir des Bébés sur leurs parents ? Il y a 30 ans, 40 ans, le dîner familial était préparé : le même dîner pour toute la famille, dans lequel chacun pouvait trouver ce qu’il y avait de bon pour lui. La viande un peu trop cuite pour les “sans dent”, les sauces moelleuses à saucer avec du pain, des légumes et des féculents… Tous les repas étaient à partager. Sauf peut-être le repas de Noël où certains mets de prix étaient réservés aux adultes. (NB : Allez savoir pourquoi d’ailleurs, puisque normalement, on réserve le meilleur pour l’enfant (le foie gras), et on donne le moins bons aux organismes qui n’ont plus rien à perdre (jambon au sel nitrité)). merci Michel de GENTILE – Illustrateur En quelques années – le temps nécessaire aux mamans pour trouver et partir au boulot 8 heures par jour – les repas sont devenus individuels mais mangés au même moment. Il y a la petite assiette de marque pour le petit, les coquillettes-jambon pour le moyen et le burger pour le grand, quand papa prend sa viande et gratin et maman, sa soupelette… Forcément car ce qu’adore l’aîné est détesté par le 2nd, parce que l’industrie sait mieux faire que moi pour nourrir le petit et parce que Maman fait attention à sa ligne. Ainsi, les enfants ont pris le pouvoir sur les parents. Ce sont eux qui ordonnent les repas, les achats, et les durées à table. Et Maman, fatiguée par sa journée de travail et frustrée de ne pas mieux s’occuper des enfants, culpabilisée, n’ose plus imposer le menu familial prévu. Elle aura déjà à lutter pour que les leçons soient apprises, la douche prise, la chambre rangée par-dessus le marché ! Et les feux etteints sans écran. Quelle guerrière cette Maman ! Alors on craque. Aussi parce que l’industrie et les réseaux sociaux démontrent qu’ils savent mieux faire et pensent à tout :”du calcium pour sa croissance”, “des protéines pour bien grandir,” des multivitamines car c’est toujours ça de pris ! Culpabilité. Le bilan est qu’en 2026, on reçoit en consultation deux types de mamans : celle qui est sûre d’elle, qui veut allaiter le plus longtemps possible, et qui veut faire tous les repas de son bébé, TOUS ! A son opposé, il y a celle qui pense déjà qu’elle n’est pas une bonne mère. Elle n’allaite pas car son lait “n’est pas bon”. Elle n’achète que des petits pots parce qu”eux, au moins, ce sont des professionnels et je suis sûre que mon bébé aura tout ce qui lui faut”. C’est du vécu. Conclusions : agir pour son enfant roi est destructeur pour lui. Faire en sorte qu’il le devienne est votre rôle. On n’aide jamais un poussin à sortir de sa coquille. Alors laissez votre enfant naître et grandir. Votre rôle est de le protéger, mais pas de vous. Apprenez-lui la famille, l’autre, les autres. Le partage. L’attention aux autres. D’un point de vue nutritionnel, les marques ont l’obligation de respecter les limites pour le métaux lourds ou les pesticides : c’est un truc qu’ils font mieux que vous. Parce que même avec les légumes du jardin, BIO ou du marché, vous n’avez aucune garantie et auccune information. Votre bébé mange liquide, puis épais puis avec des morceaux. Ensuite, il mangera le repas familial avec tous. Pour apprécier un nouveau met, il aura besoin d’avoir plusieures mises en contact, avant de l’apprécier. Peu à peu, il construira son éventail alimentaire et pour son intérêt à lui, cet éventail devrait être le plus large possible. Il appréciera vos repas, les moments partagés, les saveurs et les goûts. Les souvenirs et els saveurs de l’enfance.. Et je vous le promet ! Ce se sera pas du “unhappy meal” !! Share Post Share