Traiter l’obésité qui anéantit la personne

Doit on parler d’obésité ou d’obèse ?

Parler de surpoids ou d’obésité est le domaine des statisticiens, ces machines à calculs probabilistes d’assureurs. C’est le vaniteux du petit Prince…

Certes, le surpoids et l’obésité représentent le 5ème facteur de risque de décès et fait plus de 2.8 millions de victimes chaque année dans le monde. En France, on estime à près de 7 millions d’obèses.

Mais que signifie cette pathologie au quotidien ? D’abord, il s’agit bien d’une pathologie et non d’un caprice d’enfant gâté qui ne sait se tenir.

Non : les obèses ne sont pas des imbéciles sans volonté. Et leur quotidien est un calvaire, un cauchemar, une souffrance incomparable aux autres car elle est visible et de loin, ne peut pas être feinte ou discrètement cachée aux autres. La boulimie peut être cachée car on se fait vomir ensuite. Mais pas l’obésité : elle est honteuse, handicapante, et assigne ses porteurs à une vie-prison au ban de la société. En d’autres siècles, on aurait dit des pestiférés.

Une personne en surpoids ne retournera pas consulter un deuxième avis lorsque le premier a été hautain ou ridiculiste : « vous mangez trop, voilà tout !»  ou «  ttit, ttit, il faut être moins gourmand ! », comme on dit à un enfant de cesser de faire sa comédie.

Voici comment est fait le lit de la véritable pathologie qu’est l’obésité.

Régime : le premier faux pas

Pour un patient obèse, avoir l’ambition de perdre 20 kilos par les seules modifications alimentaires revient à manger moins d’un jour sur deux pendant un an, ou à manger un peu moins pendant 20 ans… et ceci pour un sujet qui aurait un métabolisme normal, ce qui n’est pas le cas des obèses. Autant dire que cette perte de poids est extrêmement difficile.

Ôtez les graisses accumulées par voie chirurgicale pourrait être une solution, mais elle ne règle pas le problème.

Ne rien faire n’est pas non plus la bonne solution, car les choses s’aggravent et les risquent s’additionnent puis se multiplient. Il n’est plus acceptable aujourd’hui de se voir réduire l’espérance de vie en bonne santé, sans agir.

La chirurgie bariatrique permet de diminuer de 40% le taux de mortalité en réduisant un grand nombre de maladies. Mais elle n’est pas la panacée, loin s’en faut.

Cette chirurgie connait un essor important avec plus de 40 000 interventions réalisées et ceci essentiellement sur des femmes pour 80 %.

Trois techniques existent principalement afin de cibler différents types de traitements :

L’anneau gastrique est l’intervention la plus ancienne. Elle consiste à positionner un anneau qui encercle le tiers supérieur de l’estomac afin de réduire son volume et les possibilités de repas copieux. Elle n’est pas adaptée aux petits mangeurs et grignoteurs, ni aux sujets qui prennent des repas plutôt liquides. Mais elle s’avère décevante en terme de durabilité de la perte de poids.

Les techniques comme le Bypass et sa variante le Mini-ByPASS mais aussi la Sleeve Gastrectomie se sont développées.

Elles gardent certaines indications notamment chez l’adolescent ou dans certains types d’hyperphagie.

La Sleeve gastrectomie est aujourd’hui la plus utilisée en France (25 000 interventions en 2013). Elle consiste à enlever une grande partie de l’estomac (la grande courbure) en pratiquant une incision verticale et permet ainsi de réduire drastiquement les volumes alimentaires en provoquant une satiété très précoce. Elle reste mutilante et irréversible.

Le By-pass consiste à ne conserver qu’une petite poche gastrique, mais sans ôter d’estomac (l’opération est donc réversible). Cet estomac est alors directement relié au jéjunum, la deuxième partie de l’intestin grêle, shuntant par là-même la partie proximale de l’intestin, la plus efficace pour assimiler les nutriments.

Le by pass peut prendre deux formes, en Y ou en oméga… les résultats sont excellents et durables, et réversibles : la vie médicale peut parfois présenter des cas tels qu’un retour à une absorption complète du bol alimentaire devient important.

Ces interventions sont en moyenne décidées à l’âge de 39 ans et doivent répondre à des indications précises :

– IMC > 40 kg/M2 ou

– IMC entre 35 et 40 kg/M2 associés à au moins deux co-morbidités.

La chirurgie bariatrique (by-pass, sleeve gastrectomie ou anneau gastrique)

peut être une solution de la dernière chance qui va permettre de perdre du poids durablement, de retrouver une qualité de vie, une espérance de vie en bonne santé et de voir s’améliorer de façon catégorique l’état de santé et les co-morbidités associées.

Attention : cette chirurgie est un acte médical et non esthétique

 

Retour d’expérience

2007, la première grande étude de référence (SOS Study) a démontré que 7 ans après un By-Pass Gastrique, on constatait : une perte de l’excès de poids pérenne, une diminution des co-morbidités, un allongement de l’espérance de vie et une amélioration de la qualité de vie physique et sociale :

Mais il faudra jamais oublier les conditions incontournables de mise en oeuvre de ce type de chirurgie. Dans la balance bénéfices / risques, toute intervention doit être jaugée et dépend de nombreux facteurs.

Aujourd’hui, ces opérations sont faites par coelioscopie, ce qui réduit considérablement les risques liés à l’anesthésie, à l’infection, aux complications….

Elle est réservée aux obésités massives ou sévères après échec des thérapeutiques conventionnelles (notamment alimentaires) sur la base d’un consensus multidisciplinaire.

Ces techniques sont le fuit d’un accompagnement avant et après l’opération en elle-même, et l’ensemble est une synergie réalisée par une équipe pluridisciplinaire. Interviennent bien sûr, nutritionniste et chirurgien digestif, et le cortège de spécialiste liés au bloc opératoire (anesthésie, cardiologie, pneumologue, etc. Mais aussi, tous les aspects psychologique liés à ces révolutions de l’image corporelle (avant – après).

Deux spécialistes de la chirurgie bariatrique :

Les docteurs Corinne Chicheportiche-Ayache (médecin nutritionniste) et Sylvie Guéroult (Chirurgien digestif) qui opèrent à la clinique Geoffroy St Hilaire ont mis en place un protocole rigoureux pour l’accompagnement de leurs patients tout au long de leur parcours.

Elles privilégient toujours une approche pluridisciplinaire et mettent l’accent sur ce qui devrait toujours impérativement épauler la chirurgie, en particulier la prise en charge du comportement alimentaire et l’encadrement nutritionnel.

Les patients obèses rencontrés dans ces consultations sont en échec

Elles sont aussi parfois utiles pour expliquer pourquoi l’intervention de chirurgie bariatrique ne peut pas être la meilleure solution.

Merci au Docteur Sylvie Guéroult de m’avoir invitée à assister à ces opérations dont la technicité est pointue mais parfaitement maîtrisée par elle.

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