Établir des limites supérieures de sécurité en sucres alimentaires

Alors qu’il existe des limites supérieures de sécurité pour la majorité de vitamines et minéraux, l’EFSA s’est penchée sur la définition d’une LSS pour les sucres alimentaires, toutes sources confondues, pour donner suite à la demande de plusieurs pays européens

Qu’est-ce que la LSS ?

La limite supérieure de sécurité (LSS) est une valeur de référence qui représente le niveau maximal d’apport quotidien à long terme d’un nutriment, toutes sources confondues, qui est jugé peu susceptible de présenter un risque d’effet nocif pour la santé humaine.

Attention, ce n’est pas un niveau d’apport recommandé mais un seuil scientifique en dessous duquel le risque d’effets néfastes sur la santé de la population générale est négligeable mais au-dessus duquel il est prouvé que l’apport est lié à des effets néfastes sur la santé.

Ci-contre, le graphique montre la relation classique entre des apports excessifs en nutriments et les effets néfastes sur la santé.

On parle parfois de niveau d’apport sûr, niveau d’apport jusqu’auquel aucun effet négatif sur la santé n’est observé, fixé lorsqu’il n’y a pas assez de données pour établir une LSS.

Les sucres alimentaires

Catégories et sous-catégories de sucres alimentaires

Nécessaires car ils nous procurent de l’énergie, il faut toutefois gérer sa consommation : trop de sucres et notre corps le stocke sous forme de graisses.

Les sucres ajoutés et libres qui contribuent le plus à l’apport en sucres en Europe sont les sucres et confiseries puis les boissons et produits de boulangerie fine. Il est intéressant de noter que dans presque tous les pays européens, les apports en sucres ajoutés et libres sont plus élevés chez les consommateurs de boissons sucrées que chez ceux qui consomment principalement d’autres groupes de ces sucres.

Établir une LSS pour les sucres

Pour établir une limite, l’EFSA a utilisé des études sur les maladies métaboliques chroniques, sur les effets liés à la grossesse, sur les caries dentaires et des données sur la consommation de sucres alimentaires.

NB : l’EFSA donne des avis scientifiques et non des recommandations. Ce sont les autorités de santé publique qui les font.

Résultats

L’EFSA n’a pas pu définir une LSS ou un niveau d’apport sans danger puisque toutes les relations dose-réponse entre les apports de sucre et les risques d’effets néfastes sur la santé étaient positives et linéaires, ce qui signifie que plus l’apport est élevé, plus le risque d’effets indésirables est important, empêchant de définir une valeur seuil sous laquelle le risque est négligeable.

Des liens entre apports de sucres et problèmes de santé ont toutefois pu être confirmés, comme on peut le voir sur les tableaux suivants.

Lien entre sucres et problèmes de santé

On voit bien la dangerosité des boissons sucrées, alors que les purs jus de fruits semblent beaucoup moins concernés. En France, la consommation moyenne de pur jus de fruits est de 110 ml/jour pour un adulte, ce qui lui apporte environ la moitié de ses besoins quotidiens en vitamine C pour les jus d’agrumes (principale consommation de pur jus).

Essayons de suivre les recommandations de l’OMS : ne pas dépasser 10 % de l’AET (apport énergétique total), soit environ 50 g par jour de sucres libres et moins de 100 g de sucres totaux (ANSES).

 

Camille Berrocal – NutriMarketing

Source : L’EFSA explique : projet d’avis scientifique sur la limite supérieure de sécurité pour les sucres alimentaires, Juillet 2021

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