Local et durable font-ils bons ménages ?

California sky – B de Reynal

Relocalisation, fermes urbaines, approvisionnement local, jardins partagés, … Le local est souvent associé à systèmes alimentaires plus durables.

Mais selon Nicolas Bricas du Moisa-Cirad, local et durable relèvent d’enjeux différents. Si la relocalisation de l’alimentation s’explique par un besoin, réel, de reprendre en main le système alimentaire, en revanche la question de la durabilité de ce système de production se pose. En effet, le coût de transport de nos aliments est assez peu destructeur de l’environnement. En France, il représente moins de 14 % des émissions de gaz à effet de serre (GES) alors que la production agricole pèse pour les deux tiers environ. Raccourcir la distance de transport n’a donc pas ou peu d’incidence sur les GES. En revanche, une production locale peut être très émettrice de GES (Serres chauffées par exemple).

En réalité, ce sont les pratiques agricoles qui ont l’impact le plus fort sur l’environnement.

Pour autant, le local est devenu une réponse à une demande citoyenne : les municipalités qui peinent à trouver une offre suffisante en bio pour approvisionner leurs cantines, finissent par s’orienter vers une offre locale avec, on s’en doute, la bénédiction de la profession agricole. De là le sentiment que le local est bon pour l’environnement car les aliments font moins de kilomètres ; les agriculteurs sont mieux rémunérés car ils peuvent vendre sans intermédiaires (Jeanne Pahun – UMR Moisa).

De tout temps les villes ont été approvisionnées par de lointaines contrées : elles ont, à cet effet, été bâties sur des voies de communication capables d’assurer leur approvisionnement. Une ceinture verte autour de l’agglomération était réservée à la production maraîchère. Mais l’alimentation ne se réduit pas à la seule consommation de légumes, même si les nouvelles recommandations stipulent d’en manger toujours plus et Bio si possibles.

Malgré toutes les initiatives locales dont seul l’humain a le secret, il est erroné de penser que seule la production locale peut répondre à l’approvisionnement en nourriture de notre pays. Dès lors, la durabilité se pose pour les systèmes industrialisés qui épuisent les sols, polluent les milieux et érodent la biodiversité. Cela veut dire produire mieux, polluer moins, mieux répartir la valeur entre les acteurs de la production alimentaire, offrir plus de transparence.

Une autre voie se fraye un chemin en France : celui du « zéro résidu de pesticides » (ZRP).

Le Nouveau Collectif Champs a lancé la démarche en 2018 et fait le bilan :

64 structures de production ont adhéré : 6000 producteurs = 35 % de la production française de fruits et légumes.

+60 % entre 2018 et 2019

CA = 67 millions € depuis le lancement (+78 % entre 2018 et 2019)

Toutes les enseignes de distribution proposent des produits ZRP (N°1 Intermarché en CA et en nombre de références)

La tomate représente 52 % de parts de marché

16 % des consommateurs connaissent le label ZRP

Ces bons résultats ne doivent pas cacher les difficultés. En effet, en 2019, une parcelle sur trois est sortie de la démarche en cours de cultures à cause de difficultés techniques (maladies, ravageurs, …).

Cependant, les IFT (Indicateur de Fréquence de Traitements phytosanitaires) ont diminué de 53 % sur les parcelles en ZRP et un label HVE (Haute Valeur Environnementale) est en train de se mettre en place et concernera plus de 50 % des exploitations cette année. De plus, une petite cocarde bleu blanc rouge viendra compléter le logo pour assurer que 100 % des produits ZRP sont produits en France.

Enfin, de nouveaux produits seront disponibles cette année comme le rads, noir, le haricot vert, l’endive, le cresson, la courgette, l’aubergine, la grenade ou la figue.

(Source : Mediafel mars 2020)

Merci Alix Momcilovic

Merci Agrobiosciences 

http://www.agrobiosciences.org/territoires/article/le-tout-local-est-il-un-piege#.Xo1_-S3pOWZ

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