La naturalité d’un produit alimentaire est essentielle pour les Gaulois que nous sommes. Si fortement attachés à la nourriture et sa provenance, nous recherchons des aliments naturels et craignons les additifs, les résidus et tout ce qui est artificiel ou de synthèse. Ce qui ne nous empêche pas d’adorer les fraises Tagada, d’arroser le tout de bon vin français, plein d’additifs, de croustiller la baguette du boulanger, riche de 14 additifs et adjuvants non étiquetés et donc, que nous ne pouvons pas soupçonner d’exister.
merci Michel de Gentile
Pour bien comprendre pourquoi la « Stevia* » n’est pas naturelle, ni même le « sucre », lisez attentivement la définition de « naturalité » proposée par la règlementation.
Cas des denrées alimentaires composées d’un seul ingrédient
Le terme « naturel » ou tout autre mot ou expression ayant la même signification devrait être réservé à des denrées alimentaires provenant de la nature et présentées à la vente, soit en l’état, soit après une transformation mécanique n’entraînant pas de modification profonde (ingrédients parés, tranchés, hachés, épluchés, moulus, broyés, décortiqués, séchés, pressés…)2
Elles peuvent aussi avoir subi une stabilisation par le froid (réfrigération, congélation, surgélation), ou par conditionnement sous atmosphère protectrice. Elles peuvent avoir été pasteurisées, stérilisées, cuites, fermentées par des cultures de microorganismes (exemple : la crème fraîche ou le yaourt), emprésurées, torréfiées ou infusées.
Dans les cas cités ci-dessus, il est recommandé d’utiliser la qualification « d’origine naturelle » plutôt que de « naturelles »3.
A contrario, les procédés qui modifient les caractéristiques essentielles du produit devrait faire perdre le qualificatif de naturel. On parle de synthèse chimique, de lyophilisation, d’ultrafiltration, d’inter-estérification, de génie génétique, d’extraction par solvant, d’hydrogénation, d’ électrodialyse, d’ozonation, d’ionisation et d’osmose inverse. Si certains de ces procédés vous sont totalement inconnus, allez vite perdre votre innocence à la bibliothèque !
Cas particulier des arômes et des additifs alimentaires
Pour des arômes « naturels », (décret n° 91-366 du 11 avril 1991 modifié), la nature du support d’arôme (de synthèse ou non) n’entre pas en ligne de compte.
Par analogie avec les règles applicables aux arômes (avis 95-337 publié au BID), l’origine naturelle des additifs alimentaires obtenus par des procédés physiques, y compris l’extraction par solvant et la distillation, ou par des procédés traditionnels de fabrication des denrées alimentaires, soit revendiquée.
Cas des denrées composées de divers ingrédients
Le terme « naturel » ou tout autre mot ou expression équivalente est réservé à des denrées alimentaires résultant d’un assemblage d’ingrédients répondant individuellement aux caractéristiques données pour les denrées alimentaires composées d’un seul ingrédient. Des additifs ou des arômes pourront être incorporés dans ces denrées, pourvu qu’ils répondent aux caractéristiques rappelées ci dessus.
Lorsque ces denrées composées sont soumises à un ou plusieurs des traitements admis pour les ingrédients «naturels » / « d’origine naturelle», elles portent alors une allégation du type « produit élaboré à partir d’ingrédients naturels / d’origine naturelle », de sorte qu’elles soient qualifiées de « naturelles » / « origine naturelle » par référence à leurs ingrédients.
Dans le cas où un seul ou seulement certains ingrédients seraient naturels ou d’origine naturelle, leur mise en avant sur l’étiquetage ne devrait pas être source de confusion pour le consommateur (article R. 112-7, 1er alinéa).
* Evidemment, la plante est naturelle, mais ce que nous consommons sous le nom de « stevia » sont des extraits de la plante, sortis de là avec des produits qui ne sont pas du tout naturels. Donc les extraits de stevia ne peuvent pas être qualifiés de naturels.