La nutrition n’est pas une ligne budgétaire

Nous l’avons oublié sans doute, trop riches que nous sommes tous, entourés d’alléchantes et omniprésentes opportunités de manger ou de grignoter.

 

Djibouti et l’Éthiopie

 

Le contraste est édifiant : même en ville à Djibouti, c’est compliqué de trouver un verre d’eau ou un morceau de pain. Alors hors de la ville, je ne vous fais pas un dessin. Alors on se figure vraiment la chance que nous avons-nous, en France, en Europe : les possibilités de boire et manger sont quasi permanentes.

Ce qui nous a fait perdre totalement la notion d’essentialité de la nourriture.

Et c’est en train de nous tuer.

Tanzanie – photo Patrick de SaintO

Paris, France

Midi et demi : heure bénie où la France est à table et n’en se relèvera sous aucun prétexte avant d’avoir fini. (NB : message aux belligérants. Envahissez-nous entre midi et deux et vous nous aurez).

Un reste de sandwich, le fond d’une assiette, la moitié de la baguette : poubelle. Même pas pour les petits oiseaux et surtout pas pour les pigeons qu’on n’a plus le droit de nourrir. Poubelle.

Ne pourrions-nous pas avoir dans les restaurants 3 portions possibles plutôt qu’une ?

 

One-world menu

Les menus du monde sont de moins en moins différents.

Une étude publiée dans le Scientific American est inquiétante : les chercheurs ont suivi la composition des repas de divers pays de tout genre, riches et pauvres, depuis 1961 et – il n’y a pas de doute – le blé est devenu omniprésent, prépondérant, tout comme le sucre, le maïs et le soja…

Pire : certains pays qui traditionnellement se nourrissaient de blé dur cultivé sur place  (semoule de couscous par exemple, en Algérie), sont passés en moins de 40 années au blé tendre (pain) qu’ils doivent importer. Comment devenir dépendant alimentairement et durablement ? Crime politique de santé publique !

 

Diversité alimentaire

Mon crédo à moi : la diversité alimentaire est la clé de voûte de votre équilibre alimentaire et de votre santé. Manger de tout, un peu… ça ressemble aussi aux messages d’écologie alimentaire : replanter des haies, mélangez les cultures, variez, alternez ainsi votre sol sera plus que vivant et portera de beaux fruits tout seul, sans beaucoup d’apports. Nous, il en va de même : à manger des aliments différents chaque jour, préparés de façon différente, chaque jour, présente deux atouts sur lesquels vous bâtissez votre santé durablement : évidemment, ceci permet de bénéficier d’un large éventail de nutriments qui sont tous indispensables. Mais aussi et surtout, ceci permet de varier les poisons.

 

Variez surtout les poisons

Je veux dire : certains aliments contiennent des indésirables : pesticides, contaminants, métaux lourds, grillades, fumaisons, … de façon chronique ou aigüe, mais ils en contiennent. Variez les poisons en très petites doses permet de rompre le cycle de survenue de cancers. Un toxique à très petite quantité mais très régulier est carcinogène. Empêcher ce cycle par la simple variété alimentaire est la meilleure façon de réduire vos risques de pathologies.

C’est ce même processus qui fait l’alcool ou le tabac des carcinogènes parfaits. Surtout lorsqu’ils agissent ensemble.

 

Non : la nutrition n’est pas une ligne budgétaire comme loyer ou abonnement internet. C’est le premier soin de santé durable, pour aujourd’hui et pour demain, pour vous et pour vos enfants et petits-enfants.

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