Santé publique France publie de nouveaux résultats de l’étude Enabee.
Basée sur un échantillon représentatif de près de 8 200 enfants scolarisés du CP au CM2 en France hexagonale, en combinant les points de vue des parents et des enseignants, l’étude révèle que :
- 16,4 % des enfants sont victimes probables de harcèlement
- 17,9 % des enfants ont des comportements agressifs
- 6,1% des enfants sont à la fois victimes probables de harcèlement et ont des comportements agressifs
- Les filles sont plus souvent identifiées comme des victimes probables de harcèlement et présentent moins souvent des comportements agressifs que les garçons.
Merci à l’école Chantemerle Chambery
Une santé psychologique dégradée chez les enfants victimes
L’étude montre que les enfants victimes probables de harcèlement, et ceux ayant des comportements agressifs, ont plus fréquemment au moins un trouble probable de santé mentale, de type émotionnel, oppositionnel ou inattention/hyperactivité, impactant leur vie quotidienne, comparés aux autres enfants.
Ce constat est d’autant plus marqué pour les enfants cumulant victimation et agressivité (6,1 %), 40,9 % d’entre-eux présentant au moins un trouble de santé mentale, comparés à 6,8% pour les enfants non impliqués.
Parmi ces enfants cumulant victimation et agressivité :
- 27,3 % d’entre eux présentent un trouble probable oppositionnel
- 18,4 % d’entre eux présentent un trouble probable d’inattention/hyperactivité
- 10,2 % d’entre eux présentent un trouble probable émotionnel
Pour les victimes, l’agressivité peut en effet être un mécanisme de protection contre leur propre détresse émotionnelle, soulignant l’importance d’une prise en charge.
Enfants impliqués dans le harcèlement : vulnérabilités individuelles et familiales
Autre constat : les enfants avec des troubles des apprentissages, ceux bénéficiant d’au moins un dispositif d’accompagnement à la scolarité, nés prématurément, en situation de surpoids ou d’obésité, ainsi que ceux avec de moindres compétences prosociales sont plus fréquemment victimes probables de harcèlement ou ont des comportements agressifs. Un antécédent d’agression ou de violence subie dans le passé (par une personne de plus de 15 ans) est davantage associé à des comportements agressifs chez les enfants.
Par ailleurs, comparés aux enfants non impliqués dans des situations de type harcèlement, les enfants qui sont victimes probables de harcèlement ou présentant des comportements agressifs sont plus souvent issus de familles monoparentales, avec un parent répondant ayant un niveau de diplôme inférieur ou équivalent au baccalauréat, et déclarant une situation financière perçue comme difficile. Les caractéristiques psychosociales du parent répondant (présence probable de dépression ou d’anxiété et faible soutien social perçu) sont également associées à l’implication de l’enfant dans des situations de harcèlement.
Enfin, les résultats ne suggèrent pas d’association avec la fréquentation de la cantine ou de l’accueil périscolaire. A noter également que l’usage des réseaux sociaux tend à être plus fréquent chez les enfants avec des comportements agressifs comparés aux autres.
Il convient cependant de rappeler que ces associations ne doivent pas être interprétées comme des relations causales et déterministes, mais plutôt comme l’expression de vulnérabilités dont l’effet dépend fortement du contexte dans lequel évolue l’enfant.
