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Savez-vous quantité d’additifs que vous mangez chaque jour ?

Cette étude publiée en décembre dernier visait à identifier l’exposition aux additifs alimentaires et à leurs mélanges dans un échantillon représentatif de la population française (adultes et enfants).

À partir de rappels alimentaires de 24 heures répétés et d’enregistrements alimentaires (incluant les informations sur les marques commerciales) issus de l’enquête transversale Esteban (France, 2016), l’apport en additifs a été estimé avec de multiples bases de données de composition des aliments et des analyses de laboratoire sur des aliments.

Au total, 2 177 adultes (18-74 ans) et 1 279 enfants (6-17 ans) ont été inclus. L’apport quotidien moyen en additifs était de 4,42 g/jour chez les adultes et de 5,08 g/jour chez les enfants.

60 additifs sont consommés par au moins 5 % des adultes et 71 par les enfants, dont plusieurs présentant des effets indésirables suspectés sur la santé (par exemple, le carraghénane, l’acésulfame K, l’aspartame et le dioxyde de titane).

3 principaux mélanges sont identifiés chez les adultes et 4 chez les enfants.

En conclusion, nous soulignons l’importance de prendre en compte les expositions combinées dans de futures évaluations de sécurité.

 

Food additive mixtures in French children and adults: the nationally representative Esteban study

One comment on “Savez-vous quantité d’additifs que vous mangez chaque jour ?”

  • Béatrice de Reynal says:

    ECOUTEZ Mathilde Touvier (inserm) sur France Inter
    Sulfites, nitrites, sorbates : très présents dans les aliments industriels, ces additifs sont soupçonnés depuis des années de favoriser l’apparition de certaines pathologies. Deux importantes études françaises montrent qu’ils sont associés à un plus grand risque de cancers et de diabète.

    Avec
    Mathilde Touvier, nutritionniste, chercheuse en épidémiologie nutritionnelle
    « On espère que ces travaux vont être pris en compte dans la réévaluation de la sécurité des additifs », déclare ce jeudi sur France Inter Mathilde Touvier, la directrice de recherche à l’Inserm qui a coordonné les études sur les conservateurs alimentaires publiées ce jeudi. Selon ces deux études françaises de grande ampleur, la consommation de certains conservateurs, très présents dans l’alimentation, est « associée à une augmentation du risque de cancer et de diabète de type 2 ». L’épidémiologiste Mathilde Touvier a supervisé ces deux études.

    Les conclusions de ces études, réalisées par la même équipe de l’Inserm et publiées jeudi dans les revues BMJ et Nature Communications, doivent être interprétées avec prudence, au regard de l’ampleur modérée des risques observés. Néanmoins, ces travaux sont d’une robustesse inédite.

    Des conservateurs très présents
    Ces conservateurs, qui permettent aux aliments de ne pas devenir rapidement immangeables, sont présents dans le jambon industriel, certaines boissons alcoolisées, certaines pâtisseries industrielles ou certains plats tout prêts. Les chercheurs ont étudié les habitudes de consommation, de vie, les antécédents médicaux et l’état de santé de 100.000 adultes et ont observé « des augmentations de risque » de cancer et de diabète pour ceux « les plus fortement exposés par rapport à ceux qui ne consommaient pas ces additifs »

    « C’est la première fois qu’on arrive à quantifier les milligrammes par jour qu’on consomme de tous ces additifs conservateurs et donc c’est la première fois qu’on arrive à explorer le lien qui peut exister avec le risque de cancer et de diabète », souligne sur France Inter Mathilde Touvier.

    Ces publications s’inscrivent dans un contexte où les risques sanitaires de nombreux aliments industriels sont de mieux en mieux documentés, mais où leur régulation fait encore l’objet de divergences politiques. C’est la première fois que des chercheurs parviennent à distinguer de manière aussi précise les risques associés à chaque conservateur. Les chercheurs se sont basés sur l’étude d’une large cohorte de Français – plus de 100.000 personnes -, suivis pendant plusieurs années avec des questionnaires très réguliers sur leur alimentation ainsi que des données précises sur la composition des produits consommés.

    Des risques « mal évalués »
    Ils en concluent que la consommation de plusieurs conservateurs – en particulier les sorbates, les sulfites et les nitrites – est associée à une plus grande fréquence de cancers. L’association la plus forte concerne le nitrite de sodium (E250) et le cancer de la prostate, dont le risque est augmenté d’environ un tiers.

    Ce degré de risque reste limité au niveau individuel – à titre de comparaison, le tabagisme multiplie par plus de 15 le risque de cancer du poumon chez les gros fumeurs. Mais, au niveau collectif, il représente un nombre élevé de malades supplémentaires, au vu de la présence importante de ces additifs dans l’alimentation.

    Et, par rapport au cancer, les risques associés aux conservateurs apparaissent parfois plus marqués pour le diabète. Ainsi, la consommation régulière de sorbate de potassium (E202) est associée à une fréquence deux fois plus élevée de cette pathologie. Certes, malgré la solidité de leur méthodologie, ces travaux ne permettent pas de conclure à un mécanisme direct de cause à effet entre ces problèmes de santé et la consommation des additifs concernés.

    Pour la spécialiste en épidémiologie nutritionnelle Mathilde Touvier, « il faut que soit réévaluée la sécurité de ces additifs à l’aune de ces nouvelles recherches et celles que d’autres collègues conduisent sur le microbiote intestinal ou d’autres problèmes de santé ». En Europe, c’est l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) qui est chargée de l’évaluation des risques. « Une réponse réglementaire pourrait être l’interdiction ou l’abaissement des doses maximales autorisées », précise Mathilde Touvier.

    La chercheuse invite toutefois à ne pas tirer de conclusions trop hâtives sur les résultats des études, qui doivent encore être « confirmées dans d’autres travaux », même s’ils sont « cohérents avec ce qui a été observé par d’autres collègues sur des modèles cellulaires ou animaux ». Mathilde Touvier est directrice de recherche INSERM et coordinatrice des travaux pour la publication de deux nouvelles études qui suggèrent le lien entre conservateurs et risque de cancer ainsi que de diabète de type 2.

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